
PROGRAMMES

Jeux d'Amour
Pour certains, l’Amour est la véritable force qui met le monde en mouvement. Pour d’autres, il n’est qu’un élan charnel, parfois trompeur, capable de bâtir et de briser des destins, d’élever des reines et des rois, et de nous faire redevenir enfants, quel que soit notre âge.
l’Amour inspire depuis toujours. Les poètes le célèbrent, exaltant l’être aimé et lui prêtant des vertus presque surnaturelles. Mais l’amour ne se chante pas seulement dans les vers savants : il résonne aussi dans les voix du peuple, dans ces mélodies nourries d’expériences quotidiennes, de traditions, de rituels et d’une sagesse transmise de génération en génération.
Avec le programme « Jeux d’Amour », l’ensemble l’Aubade nous chante toutes les différentes formes et manifestations de l’Amour, racontées par les gens du pays mais aussi par les poètes au langage savant et raffiné. Musique écrite et musique de tradition orale se mélangent et interagissent pour proposer une expérience unique dans le paysage musical actuel.
Popule meus!
« Popule meus, quid feci tibi ? » — Ô mon peuple, que t’ai-je fait ?
De cette interpellation ancestrale naît une plainte qui dépasse toute croyance : celle de l’humanité confrontée à sa propre fragilité. Le programme propose d’explorer la Passion du Christ non comme un simple récit religieux, mais comme une méditation intime sur la perte, la douleur, le doute et le silence.
Des œuvres savantes entrent en dialogue avec les polyphonies populaires espagnoles, porteuses d’une foi simple et d’une humanité sincère. Dans ce croisement entre écrit et oralité, mémoire populaire et art contrapuntique, surgit une vérité profondément humaine.
Autour du public, les chanteurs avancent, portés par les tambours, les cloches et la lueur des bougies. Inspirée des processions espagnoles, cette déambulation transforme l’espace en un instrument vivant où le son circule, enveloppe et invite chacun à une réflexion intérieure.


Cançoner​
À la manière d’un manuscrit ancien que l’on feuillette à la lueur d’une chandelle, Cançoner ouvre un livre de chants sur les terres d’Occitanie et de Catalogne. À travers des œuvres issues du répertoire polyphonique ancien et traditionnel, le programme révèle un même élan, partagé au fil des siècles : préserver une langue, une culture et une identité par la musique. Dès le Moyen Âge, écrire et composer en langue vernaculaire face à la domination du latin devient un acte fort, affirmant que la langue du peuple peut porter la poésie et la ferveur la plus raffinée.
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Le Cant de la Sibil·la, transmis anonymement depuis des siècles, incarne cette fidélité à travers le temps, tout comme le Llibre Vermell de Montserrat au XIVᵉ siècle ou le Cançoner d’Olot au XVIIᵉ témoignent de la vitalité du catalan. À la Renaissance,
Mateu Fletxa el Vell et Joan Brudieu en affirment la noblesse dans une écriture musicale attentive à la prosodie, tandis que Claude Le Jeune et Jean-Joseph Cassanéa de Mondonville prolongent cet attachement aux accents et aux couleurs du Midi.
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Les polyphonies occitanes transmises oralement prolongent cet élan. Dans leurs modes anciens et leurs rythmes liés à la danse ou à la marche, elles conservent intacte la respiration du territoire.
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Cançoner est ainsi un hommage à celles et ceux qui ont confié à la musique la mission de faire vibrer encore aujourd’hui les mots d’Occitanie et de Catalogne.
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Este mundo donde andamos
Au cœur de l’Espagne du XVIᵉ siècle, un genre singulier et foisonnant voit le jour : l’Ensalada. À l’image de son nom, elle se compose de multiples « ingrédients » mêlant styles, langues, chansons populaires et mélodies nouvelles, pour offrir une véritable fresque musicale. Très en vogue à son époque, l’ensalada trouve souvent son inspiration dans les thèmes de Noël et, plus particulièrement, dans le récit de la Nativité.
Ce programme propose un voyage à travers l’évolution de ce genre, depuis ses premiers témoignages jusqu’à ses ultimes éclats, avec l’anonyme Oy Jil en consejo abierto, annonçant déjà le déclin de cette forme si originale.
Aux côtés de ces œuvres, des polyphonies traditionnelles viendront enrichir le programme : musiques populaires qui auraient pu inspirer la créativité des compositeurs d’ensaladas, et qui témoignent du profond ancrage de ce genre dans la culture festive et spirituelle de son temps.
Un programme où se croisent ferveur, poésie et humour, à l’image de l’Espagne renaissante, et où l’Ensalada révèle toute sa richesse et sa vitalité.
